Je me trouve Dieu merci ! fort bien, car j'ai toujours été bien portant et je me suis trouvé en fonds jusqu'à présent. Je gagne journellement de 4 à 5 francs.
Nous habitons la même maison, mon beau père, Jean Trumpffeler et moi. Ils ont obtenu chacun un terrain de vingt cinq à trente arpents et nous avons suffisamment d'aliments, même du sucre et du café.
Je n'ai jamais tant bu de café qu'ici. Rien ne nous manque, nous avons chaque jour de la viande, du riz, et du pain.
Depuis que je suis à Guelma je bois plus de vin rouge que je n'ai bu d'eau chez vous et je mange plus de bœuf que je n'ai mangé de pomme de terre !
Tout est bon marché ici. D'impôts, il n'y en est pas question comme en Allemagne.
Je vous prie donc, chers parents, de venir nous rejoindre et si votre âge rend le voyage fatigant, que mon frère et Nicolas Reinkel viennent auprès de nous. Ils ne s'en repentiront pas.
Nous n'avons pas encore ensemencé notre champ, attendu que nous sommes arrivés trop tard. On nous fournit pour l'ensemencement des bœufs, des instruments et des graines. Le pays est excellent, l'engrais ne manque pas. On peut faire deux récoltes de pommes de terre, les autres légumes ne cessent pas de pousser.
Nous avons ici tous les fruits de l'Allemagne. La chaleur seulement est un peu forte. Ici les semailles se font en décembre et la moisson commence en juin et la fenaison au mois de mai, car tout ici pousse plus vite en hiver qu'en été. Il pleut rarement en été et la chaleur est grande.
Donnez-nous de vos bonnes nouvelles.
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