VERITAS
Comité pour le Rétablissement de la Vérité Historique sur l'Algérie Française
Télécopie : 05 61 09 98 73
Site Internet : http://comite.veritas.online.fr
Siège Social :Maison Alphonse Juin,
Adresse Postale : BP 21 - 31620 FRONTON - Président Honoraire : Jo ORTIZ et Béatrice VANDERPOL
- Président : Joseph Hattab PACHA
- Déléguée Générale : Anne CAZAL

LE MOT DE LA DELEGUEE GENERALE

TEXTE de PRESENTATION DE VERITAS
Par Mme Anne CAZAL

Pour ma part, si je croyais que le crime commis à Evian devait rester sans châtiment, je ne combattrais pas, par les livres et mes articles et je ne vous informerais pas des atrocités barbares que la Vème République et son Président ont laissé commettre en Algérie, ma terre natale et avant moi celle de trois générations des miens, monstruosités que j'ai découvertes, par lambeaux poignants et torturants, dans les confidences des témoins et des familles des victimes.

Non, je ne serais pas au cœur du dernier combat si après des années de correspondance entre deux écorchés vifs, Claude Rouvière, ancien responsable de l'O.R.O. et moi-même, nous n'avions pas pris la décision de reprendre la lutte pour la mémoire de nos victimes et de le faire à l'aide des seuls moyens restant à notre disposition, la force de la pensée, la puissance de la vérité et la foi que nous avons mise en la JUSTICE.

C'est pourquoi, les deux éprouvés que nous sommes ont fondé VERITAS. Et nous avons très vite été rejoints par des hommes d'élite, par des témoins et des acteurs prestigieux de notre tragédie tels que le Colonel Argoud, le Colonel Sapin-Lignières, Yvan Santini, Robert Cazettes et je ne pourrais les nommer tous de peur d'en oublier et, bien entendu, Joseph Hattab Pacha, le dernier maire de la Casbah d'Alger.

Qu'était VERITAS ? Quels étaient ses buts ? Ses actions ? Beaucoup se sont posé la question de savoir s'il ne s'agissait, encore, d'une nouvelle association de rapatriés. Là je réponds NON ! VERITAS est un groupement de bénévoles ayant, tous, signé une charte garantissant leur apolitisme absolu et choisi les voies de l'honneur pour défendre PAR LE DROIT FRANÇAIS, la mémoire de l'Algérie française. La plupart d'entre eux ont joué un rôle important pendant la tragédie qui devait aboutir à l'abandon, ayant subi des sévices ou connu l'emprisonnement à cause de leur résistance patriotique.

VERITAS, Comité pour le rétablissement de la vérité historique sur l'Algérie Française, s'est mis, également, au service de toutes les associations et de tous les rapatriés pour les aider à accomplir l'œuvre nécessaire de vérité.

Le conseil d'administration de ce comité, présidé par Joseph HATTAB PACHA, ancien maire et conseiller général d'Alger, plus connu sous le nom de " Maire de la casbah " se compose d'historiens, d'écrivains et de juristes de qualité qui, spontanément, défendent la cause de la réhabilitation des communautés Pied-Noir et Harkie.

Il faut noter, parmi nos fondateurs, nos Vice-présidents, Maître René BLANCHOT, (Avocat au Barreau de Marseille et ancien détenu de l'Algérie française) et le Colonel Bernard MOINET (Historien et écrivain, totalement dévoué depuis tant d'années à la cause de nos frères Harkis, dont j'aime infiniment les qualités de droiture et de courage, le Docteur Jean-Claude PEREZ, conseiller technique (ancien responsable de l'O.A.S. et de l'O.R.O) Madame Geneviève de TERNANT, mémoire de l'Oranie (Directrice de L'Echo de l'Oranie), Monsieur Amar BOUMARAF, délégué aux Harkis, la famille du Général Zeller, celle du Général Challe et bien d'autres collaborateurs, étroitement unis, qui oeuvrent sans relâche contre la dénaturation de l'Histoire

Il s'agit là d'une équipe exceptionnelle comme on en voit peu: des frères de combat soudés dans l'altruisme le plus absolu. Chacun de nous sait qu'il peut compter, aveuglément, sur la solidarité de tous les autres et c'est un don du ciel, un véritable miracle celui de VERITAS qui nous permet d'avancer dans notre lutte et d'accomplir ce qui n'avait jamais été tenté.

La désinformation " d'Etat " qui régnait, en France, pendant la guerre d'Algérie, s'est peu à peu installée, officialisée, dans de multiples domaines sans que les rapatriés puissent faire entendre leurs voix afin de démentir les affirmations infamantes qui, bien souvent, avivaient leurs blessures.

Insensiblement, le champ clos du mensonge a occupé la place d'une vérité occultée, bâillonnée, étouffée, au point que la date d'ouverture des ARCHIVES DE L'ALGERIE FRANCAISE, qui révéleraient à la France entière les manipulations, les violations de la Constitution et les multiples abus dont tout un peuple a été victime, a été prorogée en 1990 par l'Assemblée Nationale de 70 années supplémentaires.

VERITAS est né de cette constatation. Dans un pays de DROIT, nos compatriotes ont, jusqu'ici, échoué, parce qu'ils ne savaient pas comment défendre la vérité, faire aboutir des protestations qui restent souvent lettre morte, cerner les véritables détracteurs, obtenir un droit de réponse.

VERITAS s'est doté des armes nécessaires pour défendre la vérité par LE DROIT FRANCAIS.

Strictement apolitique, refusant toutes alliances et toutes allégeances, basant ses fondements uniquement sur une vérité historique incontestable, le comité intervient à l'encontre du mensonge et de la diffamation, dans tous les domaines, concernant l'Algérie Française de 1830 à 1962.

Il est inadmissible de voir les politiciens d'aujourd'hui fonder leur idéologie sur les erreurs d'hier, plus possible de lire, dans les manuels scolaires, une relation fallacieuse de l'œuvre française en Algérie, de voir ou écouter des émissions captieuses, de subir, sans réagir des discours perfides, d'être les victimes muettes de l'ostracisme ordinaire.

VERITAS, qui réagit en fondant son argumentation sur des éléments incontestables en droit, a déjà plusieurs succès à son actif, faisant modifier certains livres scolaires et poursuivant, en justice, ceux de nos détracteurs dont les déclarations mensongères sont considérées comme des outrages. Chaque jour, des hommes, des femmes, de bonne volonté emboîtent le pas des fondateurs et rejoignent ce mouvement pour en renforcer la puissance et lutter en faveur de notre véritable histoire.

Les fondateurs de VERITAS étaient au nombre de 10. Le Comité compte, actuellement, des milliers d'adhérents dont le nombre grossit chaque jour.

Nul ne peut se délier de ses devoirs; Celui de VERITAS est de rétablir la vérité historique sur l'Algérie Française. Sans haine et sans crainte, avec l'aide de Dieu, le soutien, en masse, des rapatriés de toutes confessions et celui de tous les métropolitains qui le souhaitent, ce comité mènera à son terme cette noble action.

Le 7 mars 1997, VERITAS a introduit une action devant le Tribunal Administratif de Marseille afin de faire condamner le Ministère de l'Education Nationale. Notre Vice-président et éminent avocat, René BLANCHOT, et ceux qui lui ont succédé à sa retraite, dont Maître Bertozzi, se battent, encore aujourd'hui, devant les Tribunaux pour ce procès unique dans les annales, face à un adversaire qui multiplie les manœuvres dilatoires parce qu'il sait que l'issue de la procédure ne peut lui être favorable.

35 ans après l'exil de ceux qu'on appelle les Pieds-Noirs et les Harkis s'ouvrait ainsi le premier grand procès historique de leur Histoire qui embarrasse tellement nos gouvernants que les médias l'ont complètement occulté.

Le 19 mars 1998, nous attaquions à Toulouse l'écrivain algérien Rachid Bouddha et la Dépêche du Midi qui avait publié ses diffamations envers l'Armée Française et principalement les parachutistes français. Il accusait d'avoir massacré des bébés algériens en leur éclatant la tête contre les murs alors qu'il s'agit d'une pratique courante du F.L.N. qui se répète encore aujourd'hui.

Cette procédure est très importante. Elle vise à la défense de l'Armée française que n'importe qui, aujourd'hui, profitant de la sénilité de quelques généraux en retraite, se permet de traîner dans la boue sans même se rendre compte qu'insulter l'Armée française, c'est insulter la France.

L'an dernier, nous avons intenté une procédure à l'encontre de l'ENCYCLOPAEDIA UNIVERSALIS qui présentait le coup de grâce à l'Algérie française, l'affreux massacre du 26 mars 1962 à Alger, comme une bataille de rue entre l'O.A.S. et les forces de l'ordre !

Mais on a raconté tant de mensonges sur cette boucherie préméditée qu'il ne faut pas taxer de mauvaise foi les rédacteurs d'ouvrages dits de référence qui, eux-mêmes, ont été abusés.

Il y a quelques années, un cours émanant du CNES, c'est à dire destiné à la formation de futurs professeurs donnait les détails suivants :
" Le 26 mars, à Alger, une manifestation d'Européens membres de l'O.A.S. dut être réprimée par un régiment comptant surtout des musulmans : 46 morts européens, 10 musulmans tués en représailles. C'était un coup très dur pour l'O.A.S. qui, dès lors, n'eut plus qu'un seul mot d'ordre : la chasse à l'Arabe. ".

Naturellement, je me suis révoltée. Naturellement, j'ai écrit à M. François Bayrou, qui était à l'époque Ministre de l'Education Nationale et... le croirez-vous ? cela peut-être considéré comme un miracle ou comme l'exception qui confirme la règle, je ne sais, mais quelques mois après, je recevais une réponse. Et quelle réponse ! On me soumettait le texte modifié des tragiques événements du 26 mars en espérant, disait-on, m'avoir donné satisfaction!

Voici ce texte modifié qui doit être toujours en vigueur à l'heure actuelle :
" Le 26 mars, un cortège de 3000 à 4000 Européens ( remarquez que s'ils sont toujours Européens et non Français, ils ne sont plus membres de l'O.A.S.) se met en marche pour affirmer sa solidarité avec Bâb-el-oued. Le quatrième régiment de tirailleurs algériens composé d'appelés algériens et français (voilà un bien étrange régiment français composé d'appelés de deux nationalités différentes !) reçoit l'ordre d'empêcher le cortège de rejoindre Bâb-el-Oued. Des coups de feu sont tirés des terrasses sur les militaires qui ripostent . Le bilan est lourd: 41 morts et 130 blessés.

La lettre d'accompagnement de ce texte modifié précisait que les corrections étaient l'œuvre d'un enseignant agrégé d'Histoire, chercheur associé au C.N.R.S. et spécialiste du Maghreb contemporain.

Alors, tout aussi naturellement, j'ai demandé à Monsieur le Ministre de l'Education Nationale s'il voulait surpasser De Gaulle qui prenait les Français pour des veaux en les prenant, lui, pour des ânes ? Lorsque des militaires essuient des coups de feu tirés des terrasses des immeubles qui, dans la rue d'Isly comportaient 6 à 8 étages, est-il normal qu'ils ripostent au ras du sol en abattant, dans le dos, des manifestants sans armes qui se trouvaient sur la chaussée et en prenant la peine de les poursuivre pour en achever le plus possible ?

Allons, allons... Messieurs les Ministres de l'Education. Nationale de droite ou de gauche, Messieurs les agrégés d'Histoire, Messieurs les chercheurs du C.N.R.S., cessez de dissimuler le sang français versé pour achever l'Algérie française, sous un voile d'inepties, cessez de couvrir les crimes et les infanticides du Chef de l'Etat de l'époque par des explications aussi tortueuses et puériles !

A Alger, le 26 mars 1962, un Piège machiavélique a été tendu à l'Algérie française, un piège basé sur le même principe que celui qui n'avait pas fonctionné selon les désirs du Prince de l'équivoque, lors des Barricades du 24 janvier 1960.

Si tirs il y a eu, ce qui n'est pas prouvé, c'est qu'on a fait tirer sur l'Armée le 26 mars comme on avait fait tirer sur les gendarmes du haut des escaliers du Forum en janvier 1960.

Le Colonel Sapin-Lignières, Commandant en Chef des Unités Territoriales et membre de VERITAS, nous a donné un témoignage bouleversant et authentique de ces événements tragiques de janvier 1960.

Seulement, le 26 mars 1962, la chausse-trape s'est refermée sur des centaines d'innocents, hommes, femmes, enfants, vieillards ... On déplore parmi les 82 morts sur place, achevés à terre pour la plupart, deux petites jumelles de huit ans et un bébé de six mois, fils d'une de mes camarades de classe, impitoyablement poursuivi et mis à mort avec sa mère....

Mais notre procès primordial, celui que certains, parmi vous, ont qualifié de GEANT, est celui que nous menons contre le Général Katz, surnommé par les Oranais : le boucher d'Oran

En effet, le 5 juillet 1962, alors que dans les rues d'Oran on massacrait à tour de bras, alors qu'au Petit Lac, on tranchait les têtes des Français sur des billots, alors qu'on les pendait aux abattoirs ou aux étals de bouchers, alors que des camions roulaient sur les corps de nos compatriotes dans les rues principales de la ville, ce général français, obéissant, tout comme Papon, aux ordres criminels du Chef de l'Etat Français, et nous en avons toutes les preuves, consignait et désarmait les 20.000 hommes placés sous son commandement et laissait s'accomplir ce pogrom français alors qu'il avait les moyens de l'arrêter.

Nous avons été trouver les familles de ces pauvres victimes, les rescapés de ces 3000 victimes... Nous avons fait, à nouveau, saigner des plaies afin que justice soit rendue à nos morts... C'était véritablement affreux d'entendre les témoignages de ces pauvres gens qui nous révélaient des atrocités inimaginables.

Les médias ont clamé haut et fort que la France avait lancé un mandat d'amener contre Pinochet...

Que nos gouvernants commencent à faire le ménage devant leur propre porte !

Sans qu'aucun média ne s'en fasse l'écho, le correspondant à Paris de Maîtres Bertozzi et Blanchot, Maître Luciani, a déposé plainte pour complicité de crime contre l'humanité contre Joseph Katz, le 16 octobre 1998, entre les mains du doyen des juges au Palais de Justice de Paris, au nom de quarante sept des cinquante deux familles de victimes du massacre du 5 juillet 1962 à Oran, aujourd'hui constituées parties civiles, conduites et défendues par VERITAS. J'ajoute que, depuis cette date, 57 autres malheureuses familles nous ont rejoints, ce qui fait un total de 109 familles de victimes alors que l'ignoble Katz, dans son ouvrage mensonger, L'honneur d'un Général, ne reconnaît, quant à lui, que 25 victimes européennes !

Leur plainte a été déclarée recevable. C'était un premier point. On nous a demandé, ensuite, quantité et quantité de preuves, de documents d'état civil et autres. Pendant toute une année, nous n'avons cessé de courir après les papiers pour satisfaire un juge qui a rendu, dans cette affaire, une décision de non informer, reconnaissant les faits mais évoquant la prescription. Ainsi, dans cette France submergée par le mensonge et la corruption, on peut condamner Maurice Papon pour des faits qui remontent à cinquante ans et on ne peut condamner Joseph Katz pour des faits qui remontent à plus de quarante ans. VERITAS a fait immédiatement appel de cette décision inique et le Boucher d'Oran devrait se présenter à nouveau, devant la Chambre d'Accusation de la Cour d'Appel de PARIS (depuis, il est mort). Le silence honteux des médias sur cette affaire prouve, à lui seul, à quel point elle embarrasse nos gouvernants.

On a condamné Maurice Papon pour avoir obéi à des ordres criminels. Voici la relation authentique de la conduite de Joseph Katz pendant les massacres d'Oran certifiée par des témoins, officiers français dont la parole ne peut être mise en doute.

Le 5 juillet, les massacres commencent dès le début de la matinée. Joseph Katz décide de survoler la ville en hélicoptère pour voir ce qui se passe. L'hélicoptère survole Le Petit Lac et soudain le pilote se met à hurler: " Je vois des gens qu'on fait descendre dans l'eau... On les mitraille à bout portant ... Je vois l'eau qui devient rouge de sang!...

Le Père de Laparre, autre témoin digne de foi, rapporte, à ce sujet, le témoignage suivant:

" Au Petit Lac, des familles entières qui passaient en voitures furent décapitées sur des billots. Un jeune Arabe que je connais, qui a lavé le sol, le lendemain à grands seaux d'eau et dont le cerveau est resté très choqué, a encore dans les oreilles les invocations à la Sainte Vierge criées en espagnol, au moment de mourir, par un papa, une maman et leur garçonnet arrachés d'une 4 chevaux. D'autre faisaient tout haut leur prière ou chantaient des cantiques avant que leur voix ne se brise sous la hache. "

Et pendant que se déroule cette abomination, que fait Katz ? Il téléphone à De Gaulle pour lui demander s'il doit faire intervenir les vingt mille hommes placés sous ses ordres afin d'interrompre le carnage et De Gaulle répond: " Surtout, ne bougez pas ! " Ou trouver un ordre criminel plus abject et plus monstrueux que celui qui a été donné à un général français, le 5 juillet 1962, par le Président de la République française?

On peut dire ce qu'on voudra... que les auteurs de ce crime contre l'humanité ( aujourd'hui reconnu par un juge français même s'il l'a requalifié en enlèvements suivis de tortures et d'assassinats) avaient perdu la raison, qu'ils étaient devenus, sous l'emprise de la terreur, des bêtes sauvages, qu'ils étaient les héritiers d'un sadisme ancestral. Le crime commis le 5 juillet, comme ceux qui ont suivi, relève d'un autre forfait, plus atroce que les autres parce que justement, il a permis les autres et ne peut prétendre à aucun nom légal.

Ce crime-là ne mérite pas de pardon. Il doit connaître son châtiment car c'est le Chef de l'Etat français qui l'a commis et la France qui l'a laissé commettre.

Mais il est un autre crime contre l'Humanité, tout aussi abject et monstrueux, mais d'une ampleur incroyable puisqu'il fût commis à l'encontre de nos frères harkis et que les services historiques de l'Armée française reconnaissent qu'ils ont fait, au moins, CENT CINQUANTE MILLE MORTS!

Je vous promets que nous ne laisserons pas ce crime impuni. Avec Amar Boumaraf, nous travaillons à une nouvelle procédure et nous pouvons vous assurer que demain certains immortels redeviendront de simples mortels passibles de la justice de leur pays. Demain il faudra bien rendre compte de l'abandon de nos frères Harkis, Moghaznis et fonctionnaires français, rendre compte des milliers de victimes massacrées dans les conditions les plus abjectes de la barbarie. Demain, il faudra reconnaître cette apostasie. Nos Harkis qui avaient contribué à l'éclatante victoire militaire de la France, nos Harkis qu'il aurait fallu replier en masse et rapatrier comme de bons Français qu'ils étaient, qu'a-t-on fait pour eux ? On leur a repris leurs armes en leur promettant de leur en donner de meilleures et puis, obéissant, une fois de plus, à des ordres criminels, on a fichu le camp, la nuit, comme de misérables lâches, sans rien leur donner et sans rien leur dire !

Demain, dans le plus retentissant des procès, des soldats, des officiers français, viendront témoigner, expliquer pourquoi et comment on a fermé les portes et les volets des casernes pour qu'on n'entende plus les cris des Harkis massacrés, torturés, mutilés, écorchés vifs, plongés dans l'eau bouillante, toutes ces abominations se déroulant, par provocation, aux portes de l'Armée française.

Demain, les complices devront rendre compte à la Justice française du sang des Harkis, soldats français, versé par la faute d'un être immonde qui a pour nom Charles De Gaulle.

Ces actions, nous nous y engageons, tant qu'il nous restera un souffle de vie, nous combattrons pour les mener à bien. C'est pour cela que nous consacrons toute notre énergie au Comité VERITAS qui fonctionne et agit uniquement grâce aux cotisations de ses adhérents et au bénévolat total de ses administrateurs. Il refuse toutes subventions afin de pouvoir mener son action librement sans aucune contrainte. Il assume tous les frais des procédures en cours et de celles à venir car le silence sur des événements dramatiques tels que le massacre du 26 mars 1962 à Alger, le pogrom du 5 juillet à Oran et l'abandon des Harkis est assourdissant.

VERITAS édite, en outre, grâce à la collaboration d'historiens et d'écrivains, une lettre mensuelle de douze pages, avec des articles d'actualité mais aussi de très précieux documents et témoignages souvent inédits de ceux qui furent au centre de cette partie de l'Histoire de France.

Cette lettre est adressée à tous les adhérents du Comité, mais aussi aux dirigeants de toutes les instances nationales et gouvernementales et aux parlementaires français et européens.

A tous ceux qui nous lisent, à ceux qui nous liront, et plus particulièrement à nos jeunes, qu'ils soient fils ou petits-fils de Pieds Noirs, nous rappelons qu'un devoir leur incombe, qu'ils sont les dépositaires non seulement de notre mémoire, mais aussi de notre soif de justice, cette justice, qu'on accorde aujourd'hui à n'importe quel réfugié étranger avec des égards fantastiques et qui nous est, et nous a toujours été, refusée.

Comment y arriver - direz-vous ? alors que nous avons bien du souci pour assurer notre propre survie dans ce monde où règne l'incompréhension ? C'est vrai, nous sommes conscients de vos difficultés, mais au sujet de ceux qui vous ont précédés, vous ne devez pas, vous ne pouvez pas baisser les bras.

Ce sera certainement à vous de faire rendre justice, non pas seulement à vos parents que vous aimez et qui, avant d'être chassés de leur terre, des pauvres biens qu'ils avaient acquis à la sueur de leur front pour vous les laisser un jour, ont connu la plus atroce et la plus arbitraire des répressions, mais aussi à vos grands-parents et arrière-grands-parents.

Qu'ils soient venus de France, d'Espagne, d'Italie ou de Malte, ils se sont comportés en pionniers, ils ont fait preuve d'un courage exceptionnel, ils ont été, non seulement des bâtisseurs, mais aussi des civilisateurs et on les a bafoués.

Aujourd'hui, on vous apprend que les colons étaient d'infâmes sueurs de burnous, des exploiteurs, des esclavagistes !

A vous d'apprendre à vos enfants que toutes ces affirmations ne sont que mensonges. Mensonges d'un pays qui n'a pas le courage de reconnaître ses torts, de regarder la vérité en face, de faire amende honorable.

Leur apprendre aussi qu'ils sont des enfants de spoliés, car, dans le meilleur des cas, la France a indemnisé vos parents à hauteur, au grand maximum, de 30% de la valeur du patrimoine qu'ils possédaient et dont vous étiez les héritiers.

Au moment où on parle tant d'une Europe qui débute sur de bien tristes auspices, la France est le seul pays d'Europe qui, à ce jour, n'a pas soldé ses dettes au regard de la décolonisation. Il faut que vous le sachiez. En prélevant annuellement une toute petite part sur les milliards de francs versés annuellement dans le tonneau des Danaïdes de l'Algérie, cette question serait depuis longtemps résolue. Eh bien! la France ne l'a pas fait et nous affirmons qu'il s'agit là d'une honte nationale.

Seulement....On peut se poser la question: Quand le fera-t-elle, enfin ? Quand on cessera de mettre la charrue avant les bœufs... Tant que la vérité historique ne sera pas rétablie, nous ne parviendrons pas à nous faire entendre.

Et pour contribuer à ce rétablissement indispensable, chaque mois, nos adhérents reçoivent un document exceptionnel contenant des vérités qui n'avaient jamais vu le jour, des textes qui avaient disparu de la circulation pour la bonne et simple raison qu'il fallait effacer les traces du déshonneur de la France gaulliste et qu'on comptait sur la mort des témoins de celui-ci pour tuer, définitivement, la vérité.

Seulement, voilà, depuis 5 ans, nous la clamons, cette vérité historique et incontestable. Nous la gueulons, à la face de nos dirigeants, nos parlementaires et dans le monde entier puisque nous avons des adhérents en Amérique, en Allemagne, en Italie, en Espagne, et jamais nous n'avons eu la moindre contestation. Simplement le silence, ce silence méprisant qui est l'arme des complices et des lâches...

Notre bulletin mensuel, LA LETTRE DE VERITAS diffusée en France comme à l'étranger, dénonce l'imposture en apportant des preuves historiques indéniables de nos affirmations.

Et cette " lettre ", nous le rappelons encore, est adressée, non seulement à tous nos abonnés et adhérents, mais aussi au Chef de l'Etat, au Premier Ministre, à l'Assemblée Nationale, au Sénat, au Conseil Constitutionnel, et dans tous les Ministères et personne, jamais personne, n'a osé contester la réalité que nous proclamons.

C'est pourquoi nous vous engageons vivement à nous rejoindre SUR CE PLAN MORAL, CAR IL EST VITAL POUR TOUTES NOS COMMUNAUTES. LORSQUE NOUS AURONS RETABLI CETTE VERITE, OBTENU JUSTICE POUR TOUTES NOS VICTIMES, HARKIS, MASSACRES DU 26 MARS ET DU 5 JUILLET, DISPARUS, et autres, lorsque nous aurons obtenu cette réparation-là, et nous l'obtiendrons, même si nous devons saisir les instances européennes, alors la réparation matérielle coulera de source...

Adhérez à VERITAS, faites connaître notre parution afin que la vérité triomphe du mensonge et de la désinformation !
Car ce jour-là, et ce jour-là seulement, nous pourrons croire, ce qu'aujourd'hui plus aucun d'entre nous ne croit :
Croire que c'est beau, c'est grand, c'est généreux, LA France !

ANNE CAZAL
Journaliste Ecrivain
Auteur du Ravin Rouge
Déléguée Générale de VERITAS